Une décennie d’apprentissage

L’année 2008 marque le 10e anniversaire du Programme international pour la santé des femmes. Nous avons appris bon nombre de leçons pendant la décennie écoulée.  Notre anniversaire a également engendré une réflexion nécessaire qui nous a permis d’élaborer certaines idées pour l’avenir.

Leçons apprises

  1. Les associations professionnelles peuvent et contribuent de façon remarquable aux efforts en vue de réduire la mortalité et la morbidité maternelle à l’échelle mondiale.
  2. Les associations professionnelles, qui ont une compréhension claire des effets des interventions simples et efficaces sur les taux de mortalité et de morbidité maternelles, ont une responsabilité et l’obligation d’utiliser leur influence afin de promouvoir et de défendre les droits sexuels et génésiques de toutes les femmes.
  3. « C’est en apprenant qu’on enseigne et c’est en enseignant qu’on apprend ». En renseignant nos collègues des pays les moins développés, nous enrichissons à la fois nos connaissances.
  4. La multidisciplinarité donne lieu aux meilleures équipes. Une équipe multidisciplinaire d’instructeurs GESTA International devrait enseigner aux participants multidisciplinaires à renforcer le fait qu’une démarche concertée, mettant en jeu tous les praticiens de santé liés aux soins obstétricaux et gynécologiques, donne de meilleurs résultats en ce qui concerne la réduction de la mortalité et de la morbidité maternelles.
  5. La sécurité avant tout. Les pratiques qui fonctionnent bien dans un pays développé pourraient ne pas fonctionner dans les pays en voie de développement. Il est important de remettre en question les pratiques dont nous faisons la promotion et de tenir compte des participants et de leur contexte.
  6. Il n’y a pas de modèle préétabli pour travailler à l’échelle internationale. L’application du même modèle dans différents contextes ne produit pas les mêmes résultats. La capacité d’adaptation au moment de l’élaboration d’un programme et de son approche est une façon plus sensible et efficace de travailler.
  7. Ce n’est pas tout le monde qui possède les qualités nécessaires pour travailler sur le plan international : flexibilité, humilité et ouverture d’esprit  sont les éléments essentiels d’une contribution réussie. Cependant, il y a des façons pour tout le monde de contribuer selon leurs talents et capacités.
  8. Il n’est pas nécessaire d’investir des millions de dollars pour faire une différence, bien que l’argent soit utile! De petites interventions, ponctuelles et bien orientées peuvent sauver des vies.
  9. S’exprimer haut et fort entourant les défis de la santé auxquels les femmes sont en proie partout dans le monde est très important. Se faire entendre et user de visibilité par l’intermédiaire des associations professionnelles pour avoir du poids dans les débats publics et politiques est une composante vitale de notre action.
  10. Nous ne sommes pas seuls. Nous faisons partie d’un mouvement mondial visant les mêmes objectifs pour offrir un monde meilleur aux femmes. Le travail concerté, le partage des ressources, les expériences et les pratiques optimales sont importants.
  11. Le travail international comporte des avantages pour les citoyens de son pays. Une meilleure compréhension de la diversité dans le monde où nous vivons améliore la qualité de notre travail, surtout dans une société qui devient de plus en plus multiculturelle d’un jour à l’autre.
  12. La pratique clinique factuelle perdure comme une approche pertinente pour transmettre l’information aux praticiens des pays moins développés.
  13. Le Canada n’est pas exempt d’entorses aux droits et à la santé sexuels et génésiques. Nous devons demeurer vigilants et tenter d’améliorer nos propres pratiques et politiques dans la lutte constante visant à protéger ces droits.

La voie de l’avenir :

  1. Déterminer des moyens de mieux incorporer les jeunes et les résidents aux projets du PISF est essentiel pour appuyer ces programmes à long terme.
  2. Le moment est venu d’aborder les questions liées aux droits sexuels et génésiques des femmes à différents stades de leur vie. La maternité sans risques et la santé néonatale, bien qu’il s’agisse sans contredit d’éléments déterminants, ne sont pas les seuls défis auxquels les femmes font face pour défendre leurs droits sexuels et génésiques.
  3. Raffermir les capacités de défense des droits, acquises au moyen d’un travail accru avec nos partenaires nationaux et internationaux dans le cadre de projets de défense des droits, sont un outil nécessaire dans la lutte pour améliorer la vie des femmes partout dans le monde.
  4. La création d’un groupe inter-institutionnel pour poursuivre le dialogue serait un moyen efficace d’échanger sur les pratiques optimales et les leçons apprises dans le cadre de l’établissement de partenariats.
  5. Compte tenu de l’évolution constante du PISF grâce à l’apport de nos membres, de nos partenaires et des personnes-ressources d’autres organisations travaillant sur des questions de santé à l’échelle internationale, il serait utile d’étayer ces expériences d’apprentissage et d’en faire profiter les autres.
  6. Il est important de connaître ce qui fonctionne de ce qui ne fonctionne pas pour mieux incorporer les capacités de suivi et d’évaluation à notre programme et aux projets particuliers et nous permettra de devenir plus efficace.
  7. L’enseignement et la formation seules ne sont pas suffisants. Une stratégie plus exhaustive est nécessaire pour faire en sorte que les pratiques changent.
A Decade of Learning