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Chronique sur un nouveau pays d’intervention : la Guyane


Un projet était en gestation l’an dernier au Programme international pour la santé des femmes (PISF) de la SOGC et l’équipe est heureuse d’annoncer la naissance tant attendue d’un nouveau programme GESTA International (PGI) d’une durée de 26 mois en Guyane, Amérique du Sud.

Un nombre impressionnant de membres de la SOGC sont bénévoles en Guyane où ils nous encourageaient de façon persistante à donner le PGI. Bien que le taux de mortalité maternelle en Guyane soit en baisse (140,1 décès pour 100 000 femmes en 1991, par rapport à 113 décès en 2006), il demeure très élevé relativement aux autres pays des Caraïbes, ce qui a incité les autorités du Georgetown Public Hospital à communiquer avec nous en 2007 pour nous demander d’offrir le PGI à son personnel.

Encouragé par cet enthousiasme, la SOGC a choisi de s’allier à l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) dans le but de couvrir autant de membres du personnel en obstétrique que possible, sinon tous, à l’échelle du pays. L’intérêt de l’OPS à financer notre projet était évident et la nécessité d’une formation continue était déjà bien étayée dans l’analyse de situation menée en juin 2005.

« L’occasion de développement professionnel et de carrière est un facteur déterminant pour maintenir en poste les professionnels de la santé compétents dans le secteur public. Fournir des soins de santé optimaux aux femmes améliorera également la capacité pour toutes les femmes de travailler dans les secteurs publics et privés au pays. Cela aura pour effet de diminuer les congés de maladie, de réduire le nombre de femmes devant quitter le pays pour des raisons de santé et d’améliorer la morale au sein des services publics. »

L’entente finale a été signée en décembre 2007 et comprend la prestation de 10 cours GESTA International en Guyane sur une période de deux ans, à l’intention de près de 400 professionnels de la santé. Nous croyons fermement que la formation à elle seule ne parviendra pas à diminuer le taux de mortalité et de morbidité maternelle, à moins de s’assurer que les changements dans la pratique soient mis en œuvre et de les appuyer.

L’adoption d’interventions nécessaires à la survie dont le PGI fait la promotion exigera du soutien et de la supervision de la part d’agents mettant en œuvre le changement. Nous aimerions croire que la prise en charge active du troisième stade du travail (PCATST) est pratiquée par tous ceux qui ont suivi le programme GESTA International. Ou que toutes les femmes enceintes d’un pays donné seront accompagnées d’une personne de leur choix pendant leur accouchement, par exemple une doula, leur mari ou un membre de la famille. Mais comment pouvons-nous assurer l’impact que nous avons? Ce sont des questions sur lesquelles le PISF s’est penché en Guyane. Un des pré-requis importants est que le PGI soit enseigné dans le cadre d’autres activités visant la réduction de la mortalité maternelle. Ces pays participant au programme doivent conclure un partenariat continu avec la SOGC qui s’efforcera de les appuyer dans leurs activités de suivi des nouvelles pratiques, des changements dans le contexte de la santé maternelle, ainsi que de la mise en place de vérifications relativement à la mortalité maternelle régulières. Nous visons à poursuivre notre collecte de données de base pour orienter nos programmes. Les 500 000 femmes et plus qui décèdent des suites de l’accouchement tous les ans constituent notre force motrice. Instiller à nos programmes une perspective visant à éviter les événements indésirables est également une composante essentielle au type de travail en développement international que nous accomplissons. Quelles pratiques devrions-nous transmettre à un pays en développement de niveau intermédiaire comme la Guyane? De quelles sortes de technologie ou de médicaments devrions-nous faire la promotion? Si nous travaillons dans un pays en développement et disposions de 10 000 $, achèterions-nous un appareil de surveillance fœtale électrique ou un approvisionnement régulier en ocytocine? Nous nous sommes récemment posé des questions de ce genre lors d’un séminaire pré-cours qui a eu lieu à Georgetown, capitale de la Guyane. Eileen Hutton et Eric Stearns, deux de nos spécialistes à la SOGC, se sont joints à moi pour les réunions avec l’équipe incroyable d’intervenants en santé maternelle de la Guyane qui forme le comité national du programme GESTA International (CNPGI) en Guyane. Nous leur avions remis le manuel GESTA pour qu’il puisse le lire avant notre arrivée le 4 février 2008.

Guyana Au cours d’une période de deux jours intéressante, et parfois révélatrice, nous avons pris part à des discussions avec les membres du comité national du PGE sur leurs pratiques obstétricales courantes, leurs défis et, en particulier, les éléments dont le PGI fait la promotion. Ils ont décrit les conditions dans lesquelles ils prodiguent des soins aux Guyaniennes. Nous avons appris que jusqu’à 75 % de la population de la Guyane vit le long des côtes alors que 25 % des habitants sont éparpillés dans le reste du pays, certains dans des régions isolées. Plus de 90 % des accouchements ont lieu dans les deux hôpitaux principaux (les hôpitaux Georgetown et New Amsterdam Public) où on incite toutes les femmes à venir accoucher. Une de leurs préoccupations les plus pressantes est l’érosion constante des fournisseurs de soins de santé vers d’autres pays des Caraïbes où ils obtiennent un meilleur salaire et de meilleures conditions de travail. Cette mission préliminaire en Guyane fût une expérience d’apprentissage captivante. Le PISF est impatient de collaborer, au cours de l’année 2008-2009, avec l’équipe de professionnels de la santé que nous avons rencontrée en Guyane, ainsi qu’avec les bénévoles dévoués de la SOGC qui rendent ces activités possibles.

Notre premier cours a eu lieu le 18 avril 2008.

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